Encore un sondage qui confirme que Marine Le Pen a les moyens de « faire sensation » le 22 avril prochain. Réalisée par l’institut BVA pour Le Parisien (et publiée le 24 janvier), cette enquête ne porte pas, pour une fois, sur les intentions de vote, mais sur l’appréciation des Français quant à la capacité qu’ont chacun des quatre principaux candidats à incarner telle ou telle dimension de l’action politique présidentielle.
Ainsi, à la question « quel candidat apporte des réponses aux problèmes des Français » ?, Marine se classe troisième ex-aequo (avec Sarkozy !) avec 23% de votes.
A la question « qui incarne le changement ?« , elle se classe deuxième ex-aequo avec François Bayrou avec 38% de votes, derrière François Hollande (46%) mais loin devant Sarkozy (19%).
Et sans surprise, Marine Le Pen bat tous les autres candidats sur les questions portant sur l’immigration (37%) et la sécurité (31%). A noter qu’en dépit de ses déclarations et gesticulations – et celles de Claude Guéant – Nicolas Sarkozy arrive bon dernier sur la sécurité, thème sur lequel il avait bâti l’essentiel de son succès en 2007 : pour le directeur de BVA Opinion, Gaël Sliman, le président-candidat « paye pour les promesses non tenues, pâtit d’une image d’inefficacité ». On ne saurait mieux dire….
Revenons à Marine : du fait de trente ans de propagande médiatique intensive et de l’ostracisme dont a été frappée sa famille politique, du fait aussi de son statut de nouvelle arrivante à l’élection présidentielle, notre candidate n’obtient pas d’aussi bons résultats sur le thème de la stature présidentielle. Mais la justesse de ses analyses sur les questions tant politiques qu’économiques ne peut que la faire progresser – le journaliste du Parisien jugeant d’ailleurs son score à cet égard « plutôt honorable ».
Tout ceci conduit le président de l’institut BVA à conclure que Marine Le Pen a « bel et bien réussi la dédiabolisation du FN », et le journaliste du Parisien à estimer que cette étude constitue un « avertissement quand même sérieux pour l’Elysée, tant le spectre d’un 21 avril à l’envers ne semble pas tout à fait écarté pour Nicolas Sarkozy« . En français, on appelle ça une litote…
