Le poids de la dette publique en France est devenu insupportable, fruit de trois décennies de dérives, de la crise financière et européenne ouverte en 2008, d’une dépendance inadmissible vis-à-vis des marchés financiers et d’une gestion calamiteuse des finances publiques dans les cinq dernières années. Sous la pression grandissante des marchés et des agences de notation, c’est la souveraineté de la France qui est menacée. En 2012, la maîtrise de notre dette est un impératif national urgent, qui rend nécessaire une rupture avec les politiques passées d’irresponsabilité.

Analyse
- La dette publique de la France avoisinera fin 2011 1700 milliards d’euros soit 85% de la richesse nationale produite chaque année. Fin 2010, elle représentait 59000€ par ménage. Fin 2012, elle devrait approcher 1800 milliards d’euros.
- Le quinquennat de Nicolas Sarkozy marquera un record historique pour l’accroissement de l’endettement public. Fin 2006, la dette atteignait déjà 1150 milliards d’euros, soit 64% du PIB. En cinq ans, la dette a donc été accrue de plus de 500 milliards d’euros soit +47%. Le Président sortant restera comme « le Président de la dette ». La crise explique bien entendu une partie de cette dérive sans précédent, mais elle est loin de tout expliquer. La Cour des Comptes a souligné la mauvaise gestion des deniers publics par Nicolas Sarkozy : le déficit structurel (5% du PIB en 2010), non lié à la crise, représente deux tiers du déficit actuel et provient directement de la politique irresponsable menée en 2007 et 2008 qui a baissé les recettes de l’Etat sans baisser significativement ses mauvaises dépenses et qui a laissé les collectivités territoriales dépenser toujours plus.
- L’endettement de la France est un péril national. Sans changement de cap vigoureux et sans efforts dans la durée, la dette publique atteindra mécaniquement 110% du PIB en 2020 soit le niveau actuel de la dette des pays en crise comme l’Italie. La France est dans une situation de grande vulnérabilité vis à vis de ses créanciers. Les institutions financières françaises ont délaissé le placement de l’épargne des Français vers la dette de l’Etat. En 2011, la part de notre dette détenue par des étrangers atteint 67%, ce qui rend la France particulièrement vulnérable à une crise de la dette externe.
- La reprise en main des finances du pays passe par une politique responsable de la dépense publique : réduction de la mauvaise dépense, préservation de la bonne dépense utile et efficace. Nicolas Sarkozy s’est attaqué aveuglement à la bonne dépense publique par une politique comptable à courte vue (école, sécurité, justice, défense, santé) alors qu’il faut au contraire la protéger en priorité parce qu’elle assure le bien-être des Français, notre prospérité et notre avenir. En revanche, la mauvaise dépense publique devra enfin être combattue sans faiblesse.
- Pour recouvrer sa souveraineté financière, la France doit cesser d’être dépendante des banques internationales et des marchés financiers pour son financement. Depuis une loi de 1973, confirmée par les Traités européens depuis Maastricht, notre pays n’a plus la possibilité d’emprunter directement à taux très bas à la Banque de France comme cela se pratique dans de nombreux pays du monde dont les Etats-Unis et le Royaume-Uni (dans ce dernier pays, la Banque d’Angleterre détient 25% de la dette publique). Fruit d’une idéologie périmée, cette interdiction du financement monétaire de la dette renchérit la charge d’intérêts de la dette et place l’Etat dans la dépendance exclusive de ses créanciers privés, de surcroît largement étrangers.
- Pour reconquérir l’épargne nationale, l’Etat doit inciter fortement les institutions financières à allouer en priorité l’épargne à long terme des Français à la dette publique. La détention domestique de la dette constitue une protection très efficace contre une crise brutale de la dette, comme le montre le cas du Japon (92% de la dette est détenue par les épargnants domestiques). La France jouit d’un fort taux d’épargne (16% du revenu disponible brut des ménages soit plus de 200 milliards d’euros par an) qui doit être mobilisé en soutien de notre indépendance nationale.
- La refondation de notre croissance, condition indispensable à un désendettement dans la durée, reposera sur la politique volontariste de souveraineté monétaire retrouvée, de réindustralisation et de protection aux frontières qui sera mise en œuvre.
Positions
- La maîtrise dans la durée de l’endettement public sera inscrite dans une loi cadre qui instaurera à terme l’obligation d’un déficit structurel égal à zéro afin qu’aucune mesure budgétaire ne soit gagée par la croissance.
- Le monopole des marchés financiers et des banques en ce qui concerne le financement de nos emprunts sera supprimé et la possibilité pour la Banque de France de détenir des titres de la dette publique sera rétablie.
- Un plan d’action volontariste sera mis en œuvre pour identifier et réduire drastiquement les dépenses inutiles et néfastes pour le pays : fraude sociale et fiscale, niches fiscales inefficaces (comme la niche dite « Copé » au bénéfice des grands groupes), coûts de la décentralisation, poids de l’immigration incontrôlée sur les budgets sociaux.
- Une réforme fiscale de grande ampleur sera mise en œuvre dans les premiers mois du quinquennat et restaurera l’égalité des Français devant l’impôt et une répartition juste des efforts nécessaires au redressement entre petites et grandes entreprises.
- L’allocation privilégiée de l’épargne des Français à la dette publique sera encouragée par des mesures fiscales et réglementaires et la Banque de France prendra des mesures similaires en direction des banques et des assurances.

